Togetherness:           Chantal Edie & Zacharie Ngnogue


Zacharie Ngnogue est né en 1981 à Bandjoun, au Cameroun.

Encore enfant, il part vivre à Douala, capitale du Cameroun, où il découvre la photographie. En 2006, il suit une formation d’infographiste, puis travaille pour des agences. L’artiste est lauréat du concours Wiki Loves Monuments, en 2013. La même année, il crée le studio XL où il travaille avec sa compagne Chantal Edie, rencontrée en 2015. Il est co-auteur avec le Dr Michel Feugain du recueille de poème paru à Madrid en Espagne aux éditions Amargord en 2017

 

Chantal Edie est née en 1981 à Bangem, au Cameroun. Elle est titulaire d’un master 1 en sciences politiques, d’une licence en histoire et d’un « HND in health and social care » à Reading en Angleterre.

Elle a développé ses compétences en photographie à media workshop à Southampton.

 

Ensemble, Zacharie Ngnogue et Chantal Edie interrogent leurs expériences personnelles et communes pour poser leur regard sur la société. Ils ont participé au chapitre AtWork Douala animé par le commissaire d'exposition Simon Njami pour la fondation Moleskine en décembre 2017 à la Galerie MAM.

Ils ont participé à plusieurs expositions collectifs parmi lesquelles « Vivre Photographie de la résilience » à Gorée avec la fondation Dapper en 2019 et « Rémanence » l’exposition internationale de la troisième édition du festival Yaphoto en mars 2019. Chantal et Zacharie participent en ce moment ainsi que 30 autres artistes contemporains camerounais parmi lesquels Samuel Fosso, Barthelemy Toguo, Angele Etoundi Essamba, Pascale Marthine Tayou, Bili Bidjocka, Joel Mpadoh... à l'exposition "Aujourd'hui" de la banque mondiale sur la direction artistique de Simon Njami au musée national à yaoundé jusqu'au 20 septembre 2019.


Ouvrage : Semillas de Africa

Recueille de poème paru à Madrid en Espagne aux éditions Amargord en 2017, fruit d’une collaboration avec le Dr Michel Feugain.



It is on us.

My mother has been in Douala for 6 months now and it’s driving her crazy. In February after complaining for days and days; even to the point of trekking to Bangem if we don’t provide her with her transportation fare. My mom has played all the tricks so that we let her go back to her home. There are some mornings I have met her up, all dressed up with a wrapper tied around her waist. This particular morning the time was 5:50, she was sat on the chair, hands on her knees and head bowed down. She gently raised her head and said: I can't anymore! Mom are you not glad to be with your grandchildren? Everyone was there including my sister’s children. That was always my last card to make her feel guilty but today, it didn’t seem to work. This was a week before the 11 February youth day national celebrations in 2018. The tension was high in the southwest and Northwest provinces, the presence of the military had thrown the zone into total insecurity. The regime in place boasted they had militarized these zones to secure its citizens from the people whom they proclaim as a secessionist terrorist. It all started with peaceful protest march from a people tired of the unresponsiveness of the gov’t after decades of marginalization in the education and justice systems, just to mention those. The inhuman treatment from the military used by the gov’t to suppress this protest marches is what has geared Cameroon into an ‘Anglophone crisis’ today. Where the people fight against the people. Dialogue has been pushed aside even though it is the clear solution to the crises. It took Zach some time to adapt to the Internally Displaced Persons we had at home, 4 in total including one nonrelative who was physically violated by the BIR before finding refuge here. A whole routine was affected, financially, socially and psychologically not only for us but for them as well. We have learned to tolerate each other for the past 2 years and today we have all adapted to the new routine, except for mom who still wants to go home.

On y retrouve à cette periode 2 noms distincts pour le meme pays (Republique fédérale du Cameroun et Republique du Cameroun)
Passport de la republique fédérale du Cameroun (1964) On y retrouve à cette periode 2 noms distincts pour le meme pays (Republique fédérale du Cameroun et Republique du Cameroun)

UnImaginable

Le 14 février 2017, Chantal ma compagne et moi avons perdus notre petite Emilia née 3 mois plutôt le 16 novembre 2016. Pendant la grossesse de Chantal, je lui ai fait des photos pour nos souvenirs, mais après la perte brusque, nous avons pris la résolution ensemble de faire notre deuil au studio en continuant a écrire nos émotions et ressenties avec la lumière par ce que travaillant ensemble. Et par la suite nous avons cherché dans notre entourage des personnes ayant vécus le même drame et nous nous sommes rendu compte que plusieurs amis et connaissances avaient déjà perdus un enfant ou connaissaient un proche qui vit avec cette empreinte indélébile. Ici, nous nous engageons à soumettre aux contemporains la rémanence des affres des décès que connaissent beaucoup de parents et qui, par manque de moyen, restent dans la solitude et le désœuvrement les plus ternes. Combien de parents souffrent en silence la perte d’un enfant sans que cela n’émeuve personne ? Si l’enfant est –comme nous le pensons– le devenir de l’humanité, que reste-t-il de cette humanité lorsque nos progénitures décèdent? Quels dispositifs d’accompagnement pour aider les parents ? Montrer cette série au monde entier trouverait bien son essence dans l’idée de faire-voir pour faire-savoir afin qu’un suivi soit pensé pour panser le cœur des parents et des familles endeuillées en perpétuel rémanence. Le Dr Michel Feugain a produit un magnifique texte sur cette série baptisée UNIMAGINABLE et pour lui, Ce projet se veut aussi un hymne à la vie. Hymne qui devra être chanté dans tous les cœurs brisés et sous la fenêtre des parents en souffrance car derrière toute épreuve il y a toujours la force de se relever et de continuer le chemin.


Takembeng

Ces images n'ont pas besoin d'un récit; ils parlent pour eux-mêmes. Si vous suivez ce qui se passe dans le monde depuis longtemps, vous comprendrez alors que la question qui se pose ici est celle de l’activisme politique, de la violence policière, de la diffusion de l’information et de la montée en puissance des dirigeants peu soucieux des conditions de vie de la majeur partie de leur compatriote.

Nous partons du cas particulier du Cameroun d’où Chantal et moi sommes originaires, elle de la partie anglophone et moi de la partie francophone pour nous questionner sur l ‘opportunité d’une guerre qui finira de toutes les façon où elle aurait du commencer c'est-à-dire autour d’une table de dialogue. Fin 2017, début du conflit armé dans la crise présente depuis fin 2016 dans les régions anglophones, de nombreux appels à la création de groupes armés d' »autodéfense contre les forces d’occupation » camerounaises ont été lancés par des leaders séparatistes depuis l’étranger et diffusés sur les réseaux sociaux.

Malgré de nombreux appels au dialogue par la société civile, les parties et leaders politiques et la communauté internationale, l’état du Cameroun continue contre vents et marées à militariser la zone faisant fi des conséquences dramatiques sur l’armée, la population et l’économie.

D’où part ce sentiment de certains camerounais de ne pas appartenir à la république ?

Après la défaite de l’Allemagne en 1918, la Société des Nations (SDN, ancêtre de l’ONU), place les quatre cinquième du Kamerun allemand sous tutelle française, et la partie occidentale bordant le Nigeria sous tutelle britannique.

La partie française devient indépendante en 1960. Un an plus tard, une partie du Cameroun sous tutelle britannique (le nord majoritairement musulman) opte pour son rattachement au Nigeria et l’autre partie pour son rattachement au Cameroun francophone, pour former une République fédérale à partir du 1er octobre 1961.

En 1972, un référendum met fin au fédéralisme et le Cameroun devient la « République Unie du Cameroun » et en 1984 Paul Biya actuelle président du Cameroun depuis 1982 décide par un décret de changer ce nom en « République du Cameroun » qui n’est autre que le nom du Cameroun oriental avant 1961.

Aujourd’hui, le comble pour le Cameroun est l’absurde qui voudrait que les hommes d’une même nation se déchirent alors que l’histoire ancienne et récente les enjoint de s’unir. Or, il nous est donné de penser que le peuple est aujourd’hui guidé par une caste dépassée par leurs propres prérogatives, des dirigeants aux épaules frêles sur lesquelles aucun costume ne semble plus être à leur mesure.


Nyang-Nyang

Le Nyang-nyang encore appelé Nekang ou Nkee, signifie puissance ou magie. Exécutée par les peuples Baleng et Bafoussam dans la partie ouest du Cameroun, c’est une danse de cérémonie initiatique qui a lieu tous les deux ans et coïncide avec la période des récoltes ou lors des funérailles d'un notable de haut rang. Elle est aussi symbole de richesse économique. Le Nyang-nyang est le cri des corbeaux qui assistent en quelque sorte les femmes aux champs pendant les récoltes.

Nous avons profités des funérailles de monsieur Talle Pierre (notable Baleng) le papa d’un de nos amis pour s’immerger au cœur de cette dance qui reste mystérieuse et mystiques pour de nombreux observateurs internes et extérieurs de Bafoussam la capitale de la région de l’ouest Cameroun.

Ce sont des jeunes garçons déguisés en véritables guerriers qui arrivent sur la place de fête du village, Ils ont le torse nu, colorés à l’huile de vidange ou à la peinture blanche pour les Nyang-Nyang blancs, avec des défenses d’animaux entre les mains. C’est la marque distinctive des initiés au « Nyan Nyan», Une danse ancestrale qui dure depuis plus de 8OO ans. Ce déguisement est l’occasion pour beaucoup d’initié d’affirmer leur personnalité et leur caractère (confère image jeune portant un string). Le corps des danseurs vibre au rythme des tam-tams, des pas de danse arrachent au passage des slaves d’applaudissement des enfants, des veuves du défunt dénudés et des spectateurs.

Etant convaincu que le peuple Fussep (Bafoussam) est attaché à son patrimoine et son identité culturelle, il aime ses racines et veut les faire connaître au point d’en faire tout un festival qui porte le nom Nyang-Nyang, ceci est notre contribution à la promotion de ce patrimoine.


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